Plus du tiers des personnes avec AVC souffrent d’un handicap invisible – l’aphasie – qui survient à cause de lésions dans les centres du langage et de la communication du cerveau.

L’aphasie n’a aucune répercussion sur l’intelligence, mais elle peut éliminer la capacité de parler, d’écrire, de lire et de comprendre la parole.

Financée par le Partenariat canadien pour le rétablissement de l’AVC (PCRA), une unique collaboration entre scientifiques des Universités de Toronto et d’Ottawa et du Centre de sciences de la santé Baycrest a permis d’utiliser trois types différents d’imagerie médicale dans la recherche de moyens thérapeutiques de réactiver et de réorganiser le cerveau.

« Nous explorons les enjeux vraiment fondamentaux qui entourent les mécanismes de rétablissement présents dans le cerveau », explique Elizabeth Rochon, Ph.D., de l’Université de Toronto et de l’Institut de réadaptation de Toronto. « Nos découvertes contribueront à la mise au point de futures thérapies. »

À l’aide de l’imagerie médicale, les scientifiques étudient les cerveaux de six patients avant et après des interventions thérapeutiques en se concentrant sur les modifications qui apparaissent dans la substance blanche (la centrale où se trouvent les connexions aux différentes régions du cerveau) ainsi que celles intervenues dans les régions qui produisent les sons des mots à l’opposé de celles qui donnent un sens aux mots.

Ils espèrent éclaircir comment l’orthophonie, une thérapie qui a fait ses preuves, rétablit les circuits du cerveau. L’orthophoniste se sert de sons pour décomposer et recomposer les mots et aider le patient à nommer des objets, des images et des actions.

« Nous cherchons à trouver plus de données convergentes relatives au rétablissement en utilisant des techniques et des intensités différentes de soins », précise la Dre Carol Leonard de l’Université d’Ottawa, qui a collaboré avec Elizabeth Rochon à l’élaboration et à la mise à l’essai de traitements basés sur les sons.

Au cours des dernières années, les théories à propos des mécanismes neurologiques qui sous-tendent l’aphasie post-AVC ont opéré un virage.

« Les symptômes ne sont pas dus uniquement à la zone de tissu mort dans le cerveau », dit Jed Meltzer, Ph.D., spécialiste de l’imagerie à Baycrest. « Une activité anormale est constatée dans la région qui entoure la lésion … ça semble plus grave que ce que l’on voit à l’IRM. »

Bien que cette découverte révèle qu’une plus importante partie du cerveau participe à l’aphasie que l’on ne croyait auparavant, la bonne nouvelle est que cela pourrait également augmenter les chances de rétablissement.

« En sachant quelles modifications dans l’activité du cerveau correspondent à un meilleur rétablissement, nous pouvons personnaliser les traitements pour obtenir les mêmes résultats », conclut Meltzer.