Les médecins n’ont qu’une vague idée de ce qui cause un AVC chez les enfants et n’ont que peu de tours dans leur sac pour prévenir la maladie. Cela n’empêche pas le Dr Adam Kirton de tout faire pour que ces enfants se rétablissent le mieux possible et aient une vie pleine et saine.

« Dans le domaine de l’AVC périnatal tout dépend de la réadaptation », estime le chercheur du Partenariat canadien pour le rétablissement de l’AVC. « Notre programme de recherche explore comment le jeune cerveau se rétablit après un AVC et se réorganise durant son développement. Connaître mieux ces mécanismes nous permettra de mieux les orienter. »

On estime à environ 10 000 les enfants de moins de 18 ans victimes d’un AVC périnatal vivant au Canada, soit avec un AVC qui date de peu avant ou après leur naissance. « Ils pourraient devoir composer avec la maladie pendant 80 ans. »

Le trouble qui affecte un grand nombre de ces enfants s’appelle l’hémiparésie, un trouble qui se manifeste par une faiblesse d’un côté du corps, tout comme les symptômes qu’éprouvent les adultes avec AVC.

« L’hémiparésie est un type commun de paralysie cérébrale (PC) et est causée le plus souvent par un AVC », précise Adam Kirton, un des rares neuropédiatres qui se spécialisent en AVC au Canada.

« Par paralysie cérébrale l’on entend qu’il y a un trouble de la motricité, du mouvement durant le développement associé à un problème présent dans le cerveau depuis la naissance. L’AVC survient quand un vaisseau sanguin dans le cerveau est bloqué. Habituellement il s’agit d’un seul vaisseau et d’un seul côté du cerveau. Voilà pourquoi un seul côté du corps est touché. »

Les derniers progrès de l’imagerie médicale viennent récemment de permettre aux médecins de faire le diagnostic de l’AVC périnatal avec précision. « Il y a de plus en plus de cas décrits de manière plus précise parce que nous progressons dans nos connaissances. Ce qui permet de dépister les cas les moins évidents d’enfants que l’on croyait simplement souffrir de paralysie cérébrale ne sachant pas qu’ils avaient eu un AVC », précise Kirton, qui souligne du même souffle l’énorme besoin de recherches sur l’AVC du nourrisson et de l’enfant.

Il se dit heureux de pouvoir se concentrer sur la recherche puisque l’Université de Calgary offre « un merveilleux programme de soins de l’AVC ».

Pionnier de la recherche sur les enfants, Adam Kirton a développé des approches novatrices dont les jeunes survivants d’un AVC pourraient bénéficier à l’échelle du Canada.

En collaboration avec le Dr Sean Dukelow, chef de l’équipe de chercheurs du PCRA à l’Institut Hotchkiss du cerveau de l’Université de Calgary, Kirton utilise la robotique pour explorer l’effet qu’a un AVC sur la déficience motrice et sensorielle dans l’enfance.

Le groupe de chercheurs examine également l’utilisation de la stimulation non invasive du cerveau combinée à la physiothérapie intensive chez des enfants d’âge scolaire avec AVC chronique.

La stimulation et la physiothérapie sont dispensées pendant deux à trois semaines au camp d’été de l’Hôpital pour enfants de l’Alberta que dirige le Dr Kirton depuis 2010. « Nous disposons d’une solide équipe d’ergothérapeutes et de spécialistes du milieu de vie des enfants et de la thérapie par les arts. Ils ont organisé des programmes d’un jour qui incluent une dose de thérapies intensives ciblées – voilà où s’insère la stimulation du cerveau – mais également des activités plus ludiques qui sont autant d’autres façons de favoriser l’utilisation de la main et du bras. » L’hôpital compte une piscine, un gymnase et un grand espace extérieur.

L’expérience vécue au camp il y a six ans a marqué Michael Sametz, athlète paralympique : « Nous y constatons que nous ne sommes pas seuls à avoir ces défis et frustrations, que ce n’est pas être anormal ».

Les recherches réalisées lors des camps ont mené à des publications récentes révélant que deux types de stimulation du cerveau peuvent aider les fonctions cérébrales et motrices à apprendre et qu’ainsi les enfants obtiennent de meilleurs résultats de santé.

« Il y a toujours moyen de changer le cerveau même lorsqu’il semble être complètement rétabli », dit  Kirton. « Voilà une hypothèse de base de la réadaptation qui vient de s’écrouler. »