Pourquoi le rétablissement après des AVC à premier abord similaires conduit-il à des résultats opposés? Pourquoi certains patients avec AVC réagissent-ils bien à la réadaptation et d’autres non?

La Dre Lara Boyd et son équipe à l’Université de la Colombie-Britannique croient que la réponse se situe dans le nombre et le site des lésions vasculaires qui apparaissent comme un chatoiement sur une scintigraphie du cerveau.

« Nous sommes enclins à croire que nous sommes en présence de cet unique AVC grave et que tous les handicaps s’ensuivent », dit Lara Boyd qui dirige le Laboratoire de recherche sur le cerveau et le comportement de l’université à Vancouver Coastal Health. « Quant à moi, je suis restée sur mon appétit. »

L’idée qui lui est venue de s’attarder aux petites lésions, parfois appelées AVC silencieux, vient de son travail de physiothérapeute et de son constat que des patients avec des AVC très similaires réagissent fort différemment aux traitements.

« Cette variation d’un patient à l’autre me tracassait », dit-elle. « Mon équipe et moi, nous nous sommes demandé si cela pouvait être attribué à ces plus petites lésions. » Ces dernières se trouvent habituellement profondément dans le cerveau.

En collaboration avec des collègues de Toronto et de Waterloo et de l’équipe du Partenariat canadien pour le rétablissement de l’AVC (PCRA) de la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC, elle entend cerner le rôle important de ces microlésions au chapitre de la motricité, de la cognition, voire des deux.

« La détermination aussi précise que possible de l’envergure de ces petites lésions nous mènera à mieux cerner la capacité de rétablissement du patient et à envisager un traitement plus personnalisé », poursuit la Dre Boyd. « Il se pourrait que la personne présentant de nombreuses microlésions ait besoin d’un tout autre type d’intervention que la personne qui n’en a pas. »

Le groupe procède actuellement au recrutement de plus de participants. L’analyse des données aura lieu au cours de la prochaine année.

La recherche appuyée par le PCRA pourrait avoir un effet déterminant sur la qualité de la vie de nombreux Canadiens. L’équipe est pleinement consciente que les AVC silencieux sont probablement des prédicteurs d’AVC plus graves à venir.

L’exercice pourrait également être une importante variable prédictive. Des recherches ont démontré que les patients souffrant d’altérations cognitives (démence) dues à des lésions vasculaires peuvent réduire leurs symptômes par l’exercice.

« Nous visons un objectif : en arriver à savoir avec certitude que si un patient qui présente de nombreuses microlésions a des résultats différents que celui qui n’en a pas, nous pourrions le soigner autrement », conclut Lara Boyd.

« Ses traitements pourraient être très différents, soit par la durée, soit par l’intensité, nous n’en sommes pas encore certains. Mais ce sont ces renseignements que nous cherchons à tirer de nos travaux. »